Outsider Art Fair
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Paris 2017

OAF Talks

Les tables rondes présentées en collaboration avec l’Hôtel Drouot:

RSVP: info@outsiderartfair.com

Conversation entre Daniel Cordier, Anne Sauvagnargues, et Valérie Rousseau

Samedi, 21 octobre à 12h
Hôtel Drouot
9, Rue Drouot 
75009 Paris 

Dans le cadre de l'exposition Daniel « Cordier et l'Outsider Art » présentée à l'Outsider Art Fair Paris (Hôtel du Duc) du 19 au 22 octobre 2017, vous êtes conviés à une table ronde en présence de Daniel Cordier, où sera retracé son parcours de galeriste  et de collectionneur, ainsi que celui des artistes qu'il a collectionnés. Se joindront à lui Antoine Gentil, commissaire de l'exposition et organisateur de cette rencontre, ainsi qu'Anne Sauvagnargues (philosophe, professeure, et artiste représentée dans la collection de Daniel Cordier) et Valérie Rousseau (conservatrice, American Folk Art Museum, New York). 

Daniel Cordier est de 1942 à 1943 le secrétaire de Jean Moulin qui l'initie à l'art moderne. À la fin de la guerre, Daniel Cordier commence à écrire, à peindre et à collectionner. À partir de 1956, et ce durant huit années, il ouvre des galeries à Paris, à Francfort et à New York. Sa collection a fait l’objet d’une importante donation au Centre Pompidou.

Anne Sauvagnargues philosophe et peintre de la donation Daniel Cordier a publié de nombreux ouvrages sur l'art, la philosophie contemporaine et enseigne à Nanterre depuis 2010.

Valérie Rousseau (Ph.D. Histoire de l'art, UQAM, Montréal) est conservatrice à l'American Folk Art Museum de New York depuis 2013, en charge de la collection d'Art Brut et d'art autodidacte du 20e siècle à nos jours. Elle a assuré le commissariat de nombreuses expositions, notamment When the Curtain Never Comes Down (2015) consacrée aux pratiques performatives.


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Karel Appel et l’influence de l’art outsider

Samedi 21 octobre, 2017
14h
Hotel de Drouot
9, Rue Drouot
75009 Paris

Un des fondateurs du mouvement d’après-guerre Cobra, Karel Appel découvre pour la première fois l’œuvre de Jean Dubuffet et sa collection d’art outsider en 1947 à la galerie René Drouin de Paris. En 1950, Karel Appel se trouve de nouveau dans la capitale française pour visiter la très novatrice Exposition internationale de l’histoire et des progrès de la psychiatrie qui présente plus de 2 000 œuvres de patients souffrant de maladie mentale. Muni du catalogue rendant compte sans illustration des pathologies des patients, l’artiste inonde spontanément les pages de ses propres dessins et collages. Il intitule « Carnet d’art psychopathologique » ce catalogue qu’il conservera toute sa vie. Cette histoire doit servir de point de départ à une discussion sur l’influence de l’art outsider sur le travail d’Appel ainsi que l’influence du mouvement Cobra et de l’art outsider sur les artistes contemporains.

Animateur :
Vincent Noce
Critique d’art et écrivain

Correspondant de The Art Newspaper en France, Vincent Noce travaille pour plusieurs magazines d’art, parmi lesquels la Gazette Drouot où il est conseiller éditorial. Il a été critique d’art, par ailleurs spécialisé en gastronomie et en vin, pour le quotidien Libération de 1994 à 2015. Il est l’auteur de livres sur l’histoire de la maison Drouot, le trafic des œuvres d’art et la relation avec la science de certains artistes tels que Claude Monet, Odile Redon et Salvador Dali.        

Participants :
Franz Wilhelm Kaiser
Directeur, Bucerius Kunst Forum, et professeur, Université des Beaux-Arts de Hambourg

De 1989 à 2016, il a été directeur des Expositions au Gemeentemuseum Den Haag où il a présenté une rétrospective de l’œuvre de Karel Appel en 2016. Vice-président de la Fondation Karel Appel, il a écrit sur l’importance du Carnet d’art psychopathologique dans l’œuvre d’Appel et, en 2005, a été commissaire à la Maison Rouge de Paris pour l’exposition « Arnulf Rainer et sa collection d’art brut » qui mettait en parallèle le travail de l’artiste autrichien avec sa collection d’œuvres outsiders. 

Choghakate Kazarian
Conservatrice du patrimoine, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris

Nommée en 2011 conservatrice du patrimoine au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, elle a organisé plusieurs expositions, dont « Lucio Fontana, Rétrospective » en 2014, « Henry Darger, 1892-1973 » en 2015, « Piero Manzoni, Achrome » en 2016, et « Karel Appel » en 2017. Elle a participé en 2015 à la table ronde sur le « Sexe et l’art outsider » organisée par l’OAF Paris.

Agathe Snow
Artiste multidisciplinaire

L’art d’Agathe Snow évoque les thèmes apparentés du changement et de la communauté qui, dès le début de sa carrière, ont souvent pris la forme d’événements carnavalesques, comme des dîners festifs (organisés avec sa sœur et artiste de performance, Marianne Vitale), des marathons de danse et des interventions sociales. Son travail a été exposé au New Museum, au Palais de Tokyo, au Jeu de Paume, au Deutsche Guggenheim, au Whitney Museum of American Art, et fait partie de la collection permanente de la galerie Saatchi, de la collection Zabludowit, de la collection Dikeou et du musée Guggenheim.

 « Karel Appel et l’influence de l’art outsider » est organisé par Paul Laster, critique d’art, écrivain et commissaire d’exposition basé à New York.


Espace Parrainée

Daniel Cordier et l'Outsider Art

Le 10 juin 1964, a lieu la dernière exposition de la galerie parisienne de Daniel Cordier intitulée « 8 ans d’agitation ». Le galeriste y retrace l’histoire de son espace à travers un choix d’œuvres issu de ses rencontres avec des artistes tels que Jean Dubuffet, Henri Michaux et Bernard Réquichot avec qui il a entretenu une relation. Il s’agit là de la rétrospective de l'un des intercesseurs les plus passionnés et les plus singuliers de la seconde moitié du vingtième siècle. Grâce à la notoriété de sa galerie parisienne, et de ses antennes situées à Francfort et à New York, ainsi qu’à la donation de sa collection au Centre Pompidou en 1989, les artistes qu’il défend bénéficient d’une grande visibilité.

Parmi les auteurs de sa galerie ou ceux qu’il a collectionnés figurent des personnalités que l'on affilierait aujourd'hui à l'Outsider Art. Toutefois, Daniel Cordier n'a pas constitué une collection d'art brut en tant que telle ou ce que l'on appellera plus tard l’art singulier. Il a plutôt traversé ces catégories en suivant sa passion. Sa donation au Centre Pompidou est constituée d'œuvres de plus de soixante-dix artistes, dont dix ont un lien avec l'Outsider Art. L’exposition « Daniel Cordier et l’Outsider Art » réunit des œuvres provenant de sa collection personnelle et d'œuvres proches de celles qui figurent dans sa donation.

 

SONNENSTERN

A la fin de l'année 1959, a lieu au sein de la galerie Daniel Cordier rue de Miromesnil l' « Exposition internationale du Surréalisme ». Cette exposition orchestrée par André Breton et Marcel Duchamp rassemble des œuvres de soixante-quinze participants, dont Aloïse Corbaz et Friedrich Schröder-Sonnenstern. Ce dernier fait partie des quelques artistes, comme Zoltan Kemeny et Georges Mathieu, que Daniel Cordier a collectionnés mais n'a pas pu exposer.

 

URSULA

A l'instar des œuvres du « vieillard berlinois Sonnenstern », les dessins « d'une dame de Francfort Ursula Bluhm » sont découverts par Jean Dubuffet en 1954. C’est dans l’atelier de son mari, l'artiste Bernard Schultze, que Daniel Cordierdécouvre le travail d’Ursula, qu'il expose en 1963. L'exposition personnelle qu’il lui consacre est accompagnée d'une plaquette enrichie d'un texte d'Alain Jouffroy.

 

GABRITCHEVSKY

En 1959, Daniel Cordier découvre le travail d'Eugène Gabritchevsky, qu'il considère être « l'homme le plus proche de l'esprit d'Ursula », lors d'une visite de la Collection de l'Art Brut. Il acquiert en 1960 un ensemble important de dessins auprès du galeriste Alphonse Chave et du collectionneur Jacques Uhlmann, lesquels ont acheté, par l’intermédiaire de Jean Dubuffet, plusieurs milliers d'œuvres au frère de l'auteur. Daniel Cordier consacre à partir de 1961 une exposition personnelle d'Eugène Gabritchevsky dans chacun de ses lieux.

 

LESAGE

La collection du Centre Pompidou est riche de deux peintures médiumniques. L'une est du plombier-zingueur Fleury Joseph Crépin, donnée par Jacqueline Victor Brauner en 1973, et l'autre du mineur Augustin Lesage figurant dans la donation Daniel Cordier. Augustin Lesage a entendu des voix lui dire au fond de la mine : « N'aie crainte, nous sommes près de toi, un jour tu seras peintre... ». En 1912, il exécute sa première toile de neuf mètres carrés en un peu plus d'un an et continue de peindre jusqu'à la fin de sa vie en 1948.

 

CAILLAUD ET CHAISSAC

Les œuvres d'Eugène Gabritchevsky et d'Augustin Lesage cohabitent dans la donation avec des productions qui se sont éloignées de l'histoire de l'art brut telles que celles d'Aristide Caillaud et Gaston Chaissac. Les peintures d'Aristide Caillaud confiées à Jean Dubuffet sont restituées à leur auteur avant l'exposition « l'art brut préféré aux arts culturels » organisée à la galerie Drouin en 1949 et de ce fait n'intégreront pas la Collection de l'Art Brut. Dans cette exposition figurent des œuvres de Gaston Chaissac qui seront conservées par la suite dans la collection annexe appelée Neuve Invention par Jean Dubuffet en 1982.

 

BETTENCOURT

La Neuve Invention conserve aussi des œuvres de l'artiste Pierre Bettencourt, dont la première exposition de hauts-reliefs en 1956 à la galerie Drouin est présentée par Henri Michaux. C’est par l’intermédiaire de Claude Viseux, le premier artiste à exposer à la galerie Daniel Cordier, que le galeriste découvre le travail de Pierre Bettencourt, qu’ilexpose en 1963.

 

DEUX

Séduit par des reproductions de dessins de Fred Deux dans une revue, Daniel Cordier décide immédiatement de faire partager sa découverte au public dans une exposition qu’il lui consacre en 1962. Comme il le dit, Daniel Cordier privilégie « la prospection de joies inconnues » plutôt que « la confirmation de plaisirs éprouvés ».

 

NEDJAR

Le corpus d'œuvres de Michel Nedjar a été acquis en 1984 directement auprès de l'artiste pour la donation de 1989. Cet ensemble est constitué de poupées – les chairdâmes – que Daniel Cordier a découvert à la Collection de l’Art Brut. Jean Dubuffet et Michel Thévoz s’étaient intéressés à cette œuvre dès 1981. Avant de rejoindre le fonds de l'Art Brut, ces œuvres figureront jusqu'en 1983 dans la collection annexe.

 

GEORGIK

La collection de Daniel Cordier témoigne aussi d’une fidélité à ses artistes, s’attachant à la constitution d’ensembles emblématiques. Elle comporte ainsi un ensemble représentatif d'œuvres de Georgik, de ses œuvres de jeunesse réalisées à l’aide d’une machine à écrire et d’un fer à repasser jusqu’à des œuvres de 2016. La particularité de son travail consiste à inventer des outils permettant de contourner les techniques traditionnelles du dessin.


Si le corpus d'œuvres de l'exposition « Daniel Cordier et l'Outsider Art » ne présente qu’un pan de cette immense collection, il révèle néanmoins un panorama de l’Outsider Art, et rend hommage à celui qui, en 1962, organisa dans sa galerie de New York « Art Brut » (Première exposition en Amérique).

Commissaire de l'exposition: Antoine Gentil


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